LE SACREMENT DE L'EUCHARISTIE

n° 1322
(4) La Sainte Eucharistie achève l'initiation chrétienne. Ceux qui ont été élevés à la dignité du sacerdoce royal par le baptême et configurés plus profondément au Christ par la confirmation, ceux-là, par le moyen de l'Eucharistie, participent avec toute la communauté au sacrifice même du Seigneur.


n° 1323
(7) "Notre Sauveur, à la dernière Cène, la nuit où il était livré, institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang pour perpétuer le sacrifice de la croix au long des siècles, jusqu'à ce qu'il vienne, et pour confier à l'Eglise, son Epouse bien-aimée, le mémorial de sa mort et de sa résurrection: sacrement de l'amour, signe de l'unité, lien de la charité, banquet pascal dans lequel le Christ est reçu en nourriture, l'âme est comblée de grâce et le gage de la gloire future nous est donné" (SC 47).

I L'Eucharistie - source et sommet de la vie ecclésiale


n° 1324
(4) L'Eucharistie est "source et sommet de toute la vie chrétienne" (LG 11). "Les autres sacrements ainsi que tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont tous liés à l'Eucharistie et ordonnés à elle. Car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l'Eglise, c'est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque" (PO 5).


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(7) "La communion de vie avec Dieu et l'unité du peuple de Dieu, par lesquelles l'Eglise est elle-même, l'Eucharistie les signifie et les réalise. En elle se trouve le sommet à la fois de l'action par laquelle, dans le Christ, Dieu sanctifie le monde, et du culte qu'en l'Esprit Saint les hommes rendent au Christ et, par lui, au Père" (CdR, instr. "Eucharisticum mysterium" 6).


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(10) Enfin, par la célébration eucharistique nous nous unissons déjà à la liturgie du ciel et nous anticipons la vie éternelle quand Dieu sera tout en tous (cf. 1Co 15,28).

II Comment est appellé ce sacrement?


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(4) La richesse inépuisable de ce sacrement s'exprime dans les différents noms qu'on lui donne. Chacun de ces noms en évoque certains aspects. On l'appelle:

(6) Eucharistie parce qu'il est action de grâces à Dieu. Les mots "eucharistein" (Lc 22,19 1Co 11,24) et "eulogein" (Mt 26,26 Mc 14,22) rappellent les bénédictions juives qui proclament - surtout pendant le repas - les oeuvres de Dieu: la création, la rédemption et la sanctification.


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(9) Repas du Seigneur (cf. 1Co 11,20) parce qu'il s'agit de la Cène que le Seigneur a pris avec ses disciples la veille de sa passion et de l'anticipation du repas des noces de l'Agneau ( cf. Ap 19,9) dans la Jérusalem céleste.

(11) Fraction du Pain parce que ce rite, propre au repas juif, a été utilisé par Jésus lorsqu'il bénissait et distribuait le pain en maître de table (cf. Mt 14,19 15,36 Mc 8,6 8,19), surtout lors de la dernière Cène (cf. Mt 26,26 1Co 11,24). C'est à ce geste que les disciples le reconnaîtront après sa résurrection (cf. Lc 24,13-35), et c'est de cette expression que les premiers chrétiens désigneront leurs assemblées eucharistiques (cf. Ac 2,42 2,46 20,7 20,11). Ils signifient par là que tous ceux qui mangent à l'unique pain rompu, le Christ, entrent en communion avec Lui et ne forment plus qu'un seul corps en Lui (cf. 1Co 10,16-17).

(13) Assemblée eucharistique ("synaxis") parce que l'Eucharistie est célébrée en l'assemblée des fidèles, expression visible de l'Eglise (cf. 1Co 11,17-34).

III L'eucharistie dans l'économie du salut

Les signes du pain et du vin

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(9) Dans l'Ancienne Alliance, le pain et le vin sont offerts en sacrifice parmi les prémices de la terre, en signe de reconnaissance au Créateur. Mais ils reçoivent aussi une nouvelle signification dans le contexte de l'Exode: Les pains azymes qu'Israël mange chaque année à la Pâque, commémorent la hâte du départ libérateur d'Egypte; le souvenir de la manne du désert rappellera toujours à Israël qu'il vit du pain de la Parole de Dieu (cf. Dt 8,3). Enfin, le pain de tous les jours est le fruit de la Terre promise, gage de la fidélité de Dieu à ses promesses. La "coupe de bénédiction" (1Co 10,16), à la fin du repas pascal des juifs, ajoute à la joie festive du vin une dimension eschatologique, celle de l'attente messianique du rétablissement de Jérusalem. Jésus a institué son Eucharistie en donnant un sens nouveau et définitif à la bénédiction du pain et de la coupe.


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(12) Les miracles de la multiplication des pains, lorsque le Seigneur dit la bénédiction, rompit et distribua les pains par ses disciples pour nourrir la multitude, préfigurent la surabondance de cet unique pain de son Eucharistie (cf. Mt 14,13-21 15,32-39). Le signe de l'eau changé en vin à Cana (cf. Jn 2,11) annonce déjà l'Heure de la glorification de Jésus. Il manifeste l'accomplissement du repas des noces dans le Royaume du Père, où les fidèles boiront le vin nouveau (cf. Mc 14,25) devenu le Sang du Christ.

IV La célébration liturgique de l'eucharistie

La messe de tous les siècles


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(6) Dès le deuxième siècle, nous avons le témoignage de S. Justin le Martyr sur les grandes lignes du déroulement de la célébration eucharistique. Elles sont restées les mêmes jusqu'à nos jours pour toutes les grandes familles liturgiques. Voici ce qu'il écrit, vers 155, pour expliquer à l'empereur païen Antonin le Pieux (138-161) ce que font les chrétiens:

(8) (..) Le jour qu'on appelle jour du soleil, a lieu le rassemblement en un même endroit de tous ceux qui habitent la ville ou la campagne.


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(11) La liturgie de l'Eucharistie se déroule selon une structure fondamentale qui s'est conservée à travers les siècles jusqu'à nous. Elle se déploie en deux grands moments qui forment une unité foncière:

(13) - le rassemblement, la liturgie de la Parole , avec les lectures, l'homélie et la prière universelle;

V Le sacrifice sacramentel: action de grace, mémorial, presence


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(4) Si les chrétiens célèbrent l'Eucharistie depuis les origines, et sous une forme qui, dans sa substance, n'a pas changé à travers la grande diversité des âges et des liturgies, c'est parce que nous nous savons liés par l'ordre du Seigneur, donné la veille de sa passion: "faites ceci en mémoire de moi" (1Co 11,24-25).


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(7) Cet ordre du Seigneur, nous l'accomplissons en célébrant le mémorial de son sacrifice . Ce faisant, nous offrons au Père ce qu'il nous a Lui-même donné: les dons de sa création, le pain et le vin, devenus, par la puissance de l'Esprit Saint et par les paroles du Christ, le Corps et le Sang du Christ: le Christ est ainsi rendu réellement et mystérieusement présent.


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(10) Il nous faut donc considérer l'Eucharistie:

L'action de grâce et la louange au Père


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(15) L'Eucharistie, sacrement de notre salut accompli par le Christ sur la croix, est aussi un sacrifice de louange en action de grâce pour l'oeuvrre de la création. Dans le sacrifice eucharistique, toute la création aimée par Dieu est présentée au Père à travers la mort et la résurrection du Christ. Par le Christ, l'Eglise peut offrir le sacrifice de louange en action de grâce pour tout ce que Dieu a fait de bon, de beau et de juste dans la création et dans l'humanité.


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(18) L'Eucharistie est un sacrifice d'action de grâce au Père, une bénédiction par laquelle l'Eglise exprime sa reconnaissance à Dieu pour tous ses bienfaits, pour tout ce qu'il a accompli par la création, la rédemption et la sanctification. Eucharistie signifie d'abord: action de grâce.


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(21) L'Eucharistie est aussi le sacrifice de louange, par lequel l'Eglise chante la gloire de Dieu au nom de toute la création. Ce sacrifice de louange n'est possible qu'à travers le Christ: Il unit les fidèles à sa personne, à sa louange et à son intercession, en sorte que le sacrifice de louange au Père est offert par le Christ et avec lui pour être accepté en lui.

Le mémorial sacrificiel du Christ et de son Corps, l'Eglise


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(26) L'Eucharistie est le mémorial de la Pâque du Christ, l'actualisation et l'offrande sacramentelle de son unique sacrifice, dans la liturgie de l'Eglise qui est son Corps. Dans toutes les prières eucharistiques nous trouvons, après les paroles de l'institution, une prière appellée anamnèse ou mémorial.


VI Le banquet pascal


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(4) La messe est à la fois et inséparablement le mémorial sacrificiel dans lequel se perpétue le sacrifice de la croix, et le banquet sacré de la communion au Corps et au Sang du Seigneur. Mais la célébration du sacrifice eucharistique est toute orientée vers l'union intime des fidèles au Christ par la communion. Communier, c'est recevoir le Christ lui-même qui s'est offert pour nous.


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(7) L'autel , autour duquel l'Eglise est rassemblée dans la célébration de l'Eucharistie, représente les deux aspects d'un même mystère: l'autel du sacrifice et la table du Seigneur, et ceci d'autant plus que l'autel chrétien est le symbole du Christ lui-même, présent au milieu de l'assemblée de ses fidèles, à la fois comme la victime offerte pour notre réconciliation et comme aliment céleste qui se donne à nous. "Qu'est-ce en effet l'autel du Christ sinon l'image du Corps du Christ?" - dit S. Ambroise (sacr. 5,7), et ailleurs: "L'autel représente le Corps (du Christ), et le Corps du Christ est sur l'autel" (sacr. 4,7). La liturgie exprime cette unité du sacrifice et de la communion dans de nombreuses prières. Ainsi, l'Eglise de Rome prie dans son anaphore:

"Prenez et mangez en tous": la communion


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(14) Le Seigneur nous adresse une invitation pressante à le recevoir dans le sacrement de l'Eucharistie: "En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la Chair du Fils de l'homme et ne buvez son Sang, vous n'aurez pas la vie en vous" (Jn 6,53).


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(17) Pour répondre à cette invitation, nous devons nous préparer à ce moment si grand et si saint. S. Paul exhorte à un examen de conscience: "Quiconque mange ce pain ou boit cette coupe du Seigneur indignement aura à répondre du Corps et du Sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même et qu'il mange alors de ce pain et boive de cette coupe; car celui qui mange et boit, mange et boit sa propre condamnation, s'il n'y discerne le Corps" (1Co 11,27-29). Celui qui est conscient d'un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d'accéder à la communion.

Les fruits de la communion


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(39) La communion accroît notre union au Christ . Recevoir l'Eucharistie dans la communion porte comme fruit principal l'union intime au Christ Jésus. Le Seigneur dit en effet: "Qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui" (Jn 6,56). La vie en Christ trouve son fondement dans le banquet eucharistique: "De même qu'envoyé par le Père, qui est vivant, moi, je vis par le Père, de même, celui qui me mange, vivra, lui aussi, par moi" (Jn 6,57):

(41) Lorsque dans les fêtes du Seigneur les fidèles reçoivent le Corps du Fils, ils proclament les uns aux autres la Bonne Nouvelle que les arrhes de la vie sont donnés, comme lorsque l'ange dit à Marie de Magdala: "Le Christ est ressuscité!" Voici que maintenant aussi la vie et la résurrection sont conférées à celui qui reçoit le Christ (Fanqîth, Office syriaque d'Antioche, volume 1, Commun, 237a-b).

VII L'eucharistie - "pignus futurae gloriae"


n° 1402
(4) Dans une antique prière, l'Eglise acclame le mystère de l'Eucharistie: "O sacrum convivium in quo Christus sumitur. Recolitur memoria passionis eius; mens impletur gratia et futuræ gloriæ nobis pignus datur". Si l'Eucharistie est le mémorial de la Pâque du Seigneur, si par notre communion à l'autel, nous sommes comblés "de toute bénédiction céleste et grâce" (MR, Canon Romain 96: "Supplices te rogamus"), l'Eucharistie est aussi l'anticipation de la gloire céleste.


n° 1403
(7) Lors de la dernière cène, le Seigneur a lui-même tourné le regard de ses disciples vers l'accomplissement de la Pâque dans le royaume de Dieu: "Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu'au jour où je boirai avec vous le vin nouveau dans le Royaume de mon Père" (Mt 26,29 cf. Lc 22,18 Mc 14,25). Chaque fois que l'Eglise célèbre l'Eucharistie, elle se souvient de cette promesse et son regard se tourne vers "Celui qui vient" (Ap 1,4). Dans sa prière, elle appelle sa venue: "Maranatha" (1Co 16,22), "Viens, Seigneur Jésus" (Ap 22,20), "Que ta grâce vienne et que ce monde passe!" (Didaché 10,6).


n° 1404
(10) L'Eglise sait que, dès maintenant, le Seigneur vient dans son Eucharistie, et qu'il est là, au milieu de nous. Cependant, cette présence est voilée. C'est pour cela que nous célébrons l'Eucharistie "expectantes beatam spem et adventum Salvatoris nostri Jesu Christi" (Embolisme après le Notre Père; cf. Tt 2,13), en demandant "d'être comblés de ta gloire, dans ton Royaume, tous ensemble et pour l'éternité, quand tu essuieras toute larme de nos yeux; en te voyant, toi notre Dieu, tel que tu es, nous te serons semblables éternellement, et sans fin nous chanterons ta louange, par le Christ, notre Seigneur" (MR, prière eucharistique III, 116: prière pour les défunts).

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