LE SACREMENT DE L'ORDRE
(Hais lus Hmoob - En Français)

Les sacrements du service de la communion

n° 1533
(4) Le Baptême, la Confirmation et l'Eucharistie sont les sacrements de l'initiation chrétienne. Ils fondent la vocation commune de tous les disciples du Christ, vocation à la sainteté et à la mission d'évangéliser le monde. Ils confèrent les grâces nécessaires pour la vie selon l'Esprit en cette vie de pèlerins en marche vers la patrie.


n° 1534
(7) Deux autres sacrements, l'Ordre et le Mariage, sont ordonnés au salut d'autrui. S'ils contribuent également au salut personnel, c'est à travers le service des autres qu'ils le font. Ils confèrent une mission particulière dans l'Eglise et servent à l'édification du peuple de Dieu.

Article 6 Le sacrement de l'Ordre


n° 1536
(4) L'Ordre est le sacrement grâce auquel la mission confiée par le Christ à ses Apôtres continue à être exercée dans l'Eglise jusqu'à la fin des temps: il est donc le sacrement du ministère apostolique. Il comporte trois degrés: l'épiscopat, le presbytérat et le diaconat.

(6) (Sur l'institution et la mission du ministère apostolique par le Christ v. s. Ici, il n'est question que de la voie sacramentelle par laquelle est transmis ce ministère)

I Pourquoi ce nom de sacrement de l'ordre?


n° 1537
(4) Le mot Ordre , dans l'antiquité romaine, désignait des corps constitués au sens civil, surtout le corps de ceux qui gouvernent. "Ordinatio" désigne l'intégration dans un "ordo". Dans l'Eglise, il y a des corps constitués que la Tradition, non sans fondements dans l'Ecriture Sainte (cf. He 5,6 7,11 Ps 110,4), appelle dès les temps anciens du nom de "taxeis" (en grec), de "ordines": ainsi la liturgie parle de l'"ordo episcoporum", de l'"ordo presbyterorum", de l'"ordo diaconorum". D'autres groupes, reçoivent aussi ce nom d'"ordo": les catéchumènes, les vierges, les époux, les veuves, ...


n° 1538
(7) L'intégration dans un de ces corps de l'Eglise se faisait par un rite appelé ordinatio , acte religieux et liturgique, qui était une consécration, une bénédiction ou un sacrement. Aujourd'hui le mot "ordinatio" est réservé à l'acte sacramentel qui intègre dans l'ordre des évêques, des presbytres et des diacres et qui va au delà d'une simple élection, désignation , délégation ou institution par la communauté, car elle confère un don du Saint-Esprit permettant d'exercer un "pouvoir sacré" ("sacra potestas": cf. LG 10) qui ne peut venir que du Christ lui-même, par son Eglise. L'ordination est aussi appelée "consecratio" car elle est une mise à part et une investiture par le Christ lui-même, pour son Eglise. L'imposition des mains de l'évêque, avec la prière consécratoire, constituent le signe visible de cette consécration.

Le sacerdoce de l'Ancienne Alliance


n° 1539
(6) Le peuple élu fut constitué par Dieu comme "un royaume de prêtres et une nation consacrée" (Ex 19,6 cf. Is 61,6). Mais au-dedans du peuple d'Israël, Dieu choisit l'une des douze tribus, celle de Lévi, mise à part pour le service liturgique (cf. Nb 1,48-53); Dieu lui-même est sa part d'héritage (cf. Jos 13,33). Un rite propre a consacré les origines du sacerdoce de l'Ancienne Alliance (cf. Ex 29,1-30 Lv 8). Les prêtres y sont "établis pour intervenir en faveur des hommes dans leur relations avec Dieu, afin d'offrir dons et sacrifices pour les péchés" (cf. He 5,1)


n° 1540
(9) Institué pour annoncer la parole de Dieu (cf. Ml 2,7-9) et pour rétablir la communion avec Dieu par les sacrifices et la prière, ce sacerdoce reste pourtant impuissant à opérer le salut, ayant besoin de répéter sans cesse les sacrifices, et ne pouvant aboutir à une sanctification définitive (cf. He 5,3 7,27 10,1-4), que seul devait opérer le sacrifice du Christ.

L'unique sacerdoce du Christ


n° 1544
(29) Toutes les préfigurations du sacerdoce de l'Ancienne Alliance trouvent leur accomplissement dans le Christ Jésus "unique médiateur entre Dieu et les hommes" (1Tm 2,5). Melchisédech, "prêtre du Dieu Très Haut" (Gn 14,18), est considéré par la Tradition chrétienne comme une préfiguration du sacerdoce du Christ, unique "Grand prêtre selon l'ordre de Melchisédech" (He 5,10 6,20), "saint, innocent, immaculé" (He 7,26), qui, "par une oblation unique a rendu parfaits pour toujours ceux qu'il sanctifie" (He 10,14), c'est-à-dire par l'unique sacrifice de sa Croix.


n° 1545
(32) Le sacrifice rédempteur du Christ est unique, accompli une fois pour toutes. Et pourtant, il est rendu présent dans le sacrifice eucharistique de l'Eglise. Il en est de même de l'unique sacerdoce du Christ: il est rendu présent par le sacerdoce ministériel sans que soit diminuée l'unicité du sacerdoce du Christ: "Et ideo solus Christus est verus sacerdos, alii autem ministri eius" (S. Thomas d'A., He 7,4).

Deux participations à l'unique sacerdoce du Christ


n° 1546
(37) Le Christ, grand prêtre et unique médiateur, a fait de l'Eglise "un Royaume de prêtres pour son Dieu et Père" (Ap 1,6 cf. Ap 5,9-10 1P 2,5 2,9). Toute la communauté des croyants est, comme telle, sacerdotale. Les fidèles exercent leur sacerdoce baptismal à travers leur participation, chacun selon sa vocation propre, à la mission du Christ, Prêtre, Prophète et Roi. C'est par les sacrements du Baptême et de la Confirmation que les fidèles sont "consacrés pour être ... un sacerdoce saint" (LG 10).


n° 1547
(40) Le sacerdoce ministériel ou hiérarchique des évêques et des prêtres, et le sacerdoce commun de tous les fidèles, bien que "l'un et l'autre, chacun selon son mode propre, participent de l'unique sacerdoce du Christ" (LG 10), diffèrent cependant essentiellement, tout en étant "ordonnés l'un à l'autre" (LG 10). En quel sens? Alors que le sacerdoce commun des fidèles se réalise dans le déploiement de la grâce baptismale, vie de foi, d'espérance et de charité, vie selon l'Esprit, le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun, il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens. Il est un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Eglise. C'est pour cela qu'il est transmis par un sacrement propre, le sacrement de l'Ordre.

In persona Christi Capitis...


n° 1548
(45) Dans le service ecclésial du ministre ordonné, c'est le Christ lui-même qui est présent à son Eglise en tant que Tête de son corps, Pasteur de son troupeau, grand prêtre du sacrifice rédempteur, Maître de la Vérité. C'est ce que l'Eglise exprime en disant que le prêtre, en vertu du sacrement de l'Ordre, agit "in persona Christi Capitis" (cf. LG 10 28 SC 33 CD 11 PO 2 6):

(47) C'est le même Prêtre, le Christ Jésus, dont en vérité le ministre tient le rôle. Si, en vérité, celui-ci est assimilé au Souverain Prêtre, à cause de la consécration sacerdotale qu'il a reçue, il jouit du pouvoir d'agir par la puissance du Christ lui-même qu'il représente ("virtute ac persona ipsius Christi") (Pie XII, enc. "Mediator Dei").

(49) Christus est fons totius sacerdotii: nam sacerdos legalis erat figura ipsius, sacerdos autem novæ legis in persona ipsius operatur (S. Thomas d'A., III 22,4).


n° 1549
(52) Par le ministère ordonné, spécialement des évêques et des prêtres, la présence du Christ comme chef de l'Eglise, est rendue visible au milieu de la communauté des croyants (cf. LG 21). Selon la belle expression de S. Ignace d'Antioche, l'évêque est "typos tou Patros ", il est comme l'image vivante de Dieu le Père (Trall. 3,1 cf. Magn. 6,1).


n° 1550
(55) Cette présence du Christ dans le ministre ne doit pas être comprise comme si celui-ci était prémuni contre toutes les faiblesses humaines, l'esprit de domination, les erreurs, voire le péché. La force de l'Esprit Saint ne garantit pas de la même manière tous les actes des ministres. Tandis que dans les sacrements cette garantie est donnée, de sorte que même le péché du ministre ne peut empêcher le fruit de grâce, il existe beaucoup d'autres actes où l'empreinte humaine du ministre laisse des traces qui ne sont pas toujours le signe de la fidélité à l'Evangile, et qui peuvent nuire par conséquent à la fécondité apostolique de l'Eglise.


"Au nom de toute l'Eglise"


n° 1552
(63) Le sacerdoce ministériel n'a pas seulement pour tâche de représenter le Christ - Tête de l'Eglise - face à l'assemblée des fidèles, il agit aussi au nom de toute l'Eglise lorsqu'il présente à Dieu la prière de l'Eglise (cf. SC 33) et surtout lorsqu'il offre le sacrifice eucharistique (cf. LG 10).


n° 1553
(66) "Au nom de toute l'Eglise", cela ne veut pas dire que les prêtres soient les délégués de la communauté. La prière et l'offrande de l'Eglise sont inséparables de la prière et de l'offrande du Christ, son Chef. C'est toujours le culte du Christ dans et par son Eglise. C'est toute l'Eglise, corps du Christ, qui prie et qui s'offre, "per ipsum et cum ipso et in ipso", dans l'unité du Saint-Esprit, à Dieu le Père. Tout le corps, "caput et membra", prie et s'offre, et c'est pourquoi ceux qui, dans le corps, en sont spécialement les ministres, sont appelés ministres non seulement du Christ, mais aussi de l'Eglise. C'est parce que le sacerdoce ministériel représente le Christ qu'il peut représenter l'Eglise.


III Les trois degrés du sacrement de l'ordre


n° 1554
(4) "Le ministère ecclésiastique, institué par Dieu, est exercé dans la diversité des ordres par ceux que déjà depuis l'antiquité on appelle évêques, prêtres, diacres" (LG 28). La doctrine catholique, exprimée dans la liturgie, le magistère et la pratique constante de l'Eglise, reconnaît qu'il existe deux degrés de participation ministérielle au sacerdoce du Christ: l'épiscopat et le presbytérat. Le diaconat est destiné à les aider et à les servir. C'est pourquoi le terme "sacerdos " désigne, dans l'usage actuel, les évêques et les prêtres, mais non pas les diacres. Néanmoins, la doctrine catholique enseigne que les degrés de participation sacerdotale (épiscopat et presbyterat) et le degré de service (diaconat) sont tous les trois conférés par un acte sacramentel appelé "ordination", c'est-à-dire par le sacrement de l'Ordre:

L'ordination épiscopale - plénitude du sacrement de l'Ordre
n° 1556
(14) Pour remplir leur haute mission, "les apôtres furent enrichis par le Christ d'une effusion spéciale de l'Esprit Saint descendant sur eux; eux-mêmes, par l'imposition des mains, transmirent à leurs collaborateurs le don spirituel qui s'est communiqué jusqu'à nous à travers la consécration épiscopale" (LG 21).


n° 1557
(17) Le deuxième Concile du Vatican "enseigne que, par la consécration épiscopale, est conférée la plénitude du sacrement de l'Ordre, que la coutume liturgique de l'Eglise et la voix des saints Pères désignent en effet sous le nom de sacerdoce suprême, de réalité totale ("summa") du ministère sacré" (Ibid.).


n° 1558
(20) "La consécration épiscopale, en même temps que la charge de sanctifier, confère aussi des charges d'enseigner et de gouverner ... En effet, ... par l'imposition des mains et par les paroles de la consécration, la grâce de l'Esprit Saint est donnée et le caractère sacré imprimé, de telle sorte que les évêques, d'une façon éminente et visible, tiennent la place du Christ lui-même, Maître, Pasteur et Pontife et jouent son rôle ("in Eius persona agant")" (ibid.). "Aussi, par l'Esprit Saint qui leur a été donné, les évêques ont-ils été constitués de vrais et authentiques maîtres de la foi, pontifes et pasteurs" (CD 2).

L'ordination des presbytres - coopérateurs des évêques
n° 1563
(37) "La fonction des prêtres, en tant qu'elle est unie à l'Ordre épiscopal, participe à l'autorité par laquelle le Christ lui-même construit, sanctifie et gouverne son Corps. C'est pourquoi le sacerdoce des prêtres, s'il suppose les sacrements de l'initiation chrétienne, est cependant conféré au moyen du sacrement particulier qui, par l'onction du Saint-Esprit, les marque d'un caractère spécial, et les configure ainsi au Christ Prêtre pour les rendre capables d'agir au nom du Christ Tête en personne" (PO 2).


n° 1564
(40) "Tout en n'ayant pas charge suprême du pontificat et tout en dépendant des évêques dans l'exercice de leur pouvoir, les prêtres leur sont cependant unis dans la dignité sacerdotale; et par la vertu du sacrement de l'Ordre, à l'image du Christ prêtre suprême et éternel (cf. He 5,1-10 7,24 9,11-28) ils sont consacrés pour prêcher l'Evangile, pour être les pasteurs des fidèles et pour célébrer le culte divin en vrais prêtres du Nouveau Testament " (LG 28).


n° 1565
(43) En vertu du sacrement de l'Ordre les prêtres participent aux dimensions universelles de la mission confiée par le Christ aux Apôtres. Le don spirituel qu'ils ont reçu dans l'ordination les prépare, non pas à une mission limitée et restreinte, "mais à une mission de salut d'ampleur universelle, 'jusqu'aux extrémités de la terre'"(PO 10), "prêts au fond du coeur à prêcher l'Evangile en quelque lieu que ce soit" (OT 20).

n° 1567
(49) "Coopérateurs avisés de l'ordre épiscopal dont ils sont l'aide et l'instrument, appelés à servir le peuple de Dieu, les prêtres constituent, avec leur évêque, un seul presbyterium aux fonctions diverses. En chaque lieu où se trouve une communauté de fidèles, ils rendent d'une certaine façon présent l'évêque auquel ils sont associés d'un coeur confiant et généreux, assumant pour leur part ses charges et sa sollicitude, et les mettant en oeuvre dans leur souci quotidien des fidèles" (LG 28). Les prêtres ne peuvent exercer leur ministère qu'en dépendance de l'évêque et en communion avec lui. La promesse d'obéissance qu'ils font à l'évêque au moment de l'ordination et le baiser de paix de l'évêque à la fin de la liturgie de l'ordination signifient que l'évêque les considère comme ses collaborateurs, ses fils, ses frères et ses amis, et qu'en retour ils lui doivent amour et obéissance.

L'ordination des diacres - "en vue du service"


n° 1569
(57) "Au degré inférieur de la hiérarchie, se trouvent les diacres auxquels on a imposé les mains 'non pas en vue du sacerdoce, mais en vue du service'" (LG 29 cf. CD 15). Pour l'ordination au diaconat, seul l'évêque impose les mains, signifiant ainsi que le diacre est spécialement rattaché à l'évêque dans les tâches de sa "diaconie" (cf. S. Hippolyte, trad. ap. 8).


n° 1570
(60) Les diacres participent d'une façon spéciale à la mission et à la grâce du Christ (cf. LG 41 AA 16). Le sacrement de l'Ordre les marque d'une empreinte ("caractère") que nul ne peut faire disparaître et qui les configure au Christ qui s'est fait le "diacre", c'est-à-dire le serviteur de tous (cf. Mc 10,45 Lc 22,27 S. Polycarpe, ep. 5,2). Il appartient entre autres aux diacres d'assister l'évêque et les prêtres dans la célébration des divins mystères, surtout de l'Eucharistie, de la distribuer, d'assister au mariage et de le bénir, de proclamer l'Evangile et de prêcher, de présider aux funérailles et de se consacrer aux divers services de la charité (cf. LG 29 SC 35 AGd 16).

IV La célébration de ce sacrement


n° 1572
(4) La célébration de l'ordination d'un évêque, de prêtres ou de diacres, de par son importance pour la vie de l'Eglise particulière, réclame le concours du plus grand nombre possible de fidèles. Elle aura lieu de préférence le dimanche et à la cathédrale, avec une solennité adaptée à la circonstance. Les trois ordinations, de l'évêque, du prêtre et du diacre, suivent le même mouvement. Leur place est au sein de la liturgie eucharistique.


n° 1573
(7) Le rite essentiel du sacrement de l'Ordre est constitué, pour les trois degrés, de l'imposition des mains par l'évêque sur la tête de l'ordinand ainsi que de la prière consécratoire spécifique qui demande à Dieu l'effusion de l'Esprit Saint et de ses dons appropriés au ministère pour lequel le candidat est ordonné (cf. Pie XII, const. ap. "Sacramentum Ordinis": DS 3858).

V Qui peut conférer ce sacrement?


n° 1575
(4) C'est le Christ qui a choisi les Apôtres et leur a donné part à sa mission et à son autorité. Elevé à la droite du Père, il n'abandonne pas son troupeau, mais le garde par les Apôtres sous sa constante protection et le dirige encore par ces mêmes pasteurs qui continuent aujourd'hui son oeuvre (cf. MR, éface des ôtres). C'est donc le Christ "qui donne" aux uns d'être apôtres, aux autres, pasteurs (cf. Ep 4,11). Il continue d'agir par les évêques (cf. LG 21).


n° 1576
(7) Puisque le sacrement de l'Ordre est le sacrement du ministère apostolique, il revient aux évêques en tant que successeurs des Apôtres, de transmettre "le don spirituel" (LG 21), "la semence apostolique" (LG 20). Les évêques validement ordonnés, c'est-à-dire qui sont dans la ligne de la succession apostolique, confèrent validement les trois degrés du sacrement de l'Ordre (cf. DS 794 802 et CIC 1012 CIO 744 747).

VI Qui peut recevoir ce sacrement?


n° 1577
(4) "Seul un homme ("vir") baptisé reçoit validement l'ordination sacrée" (CIC 1024). Le Seigneur Jésus a choisi des hommes ("viri") pour former le collège des douze apôtres (cf. Mc 3,14-19 Lc 6,12-16), et les apôtres ont fait de même lorsqu'ils ont choisi les collaborateurs (cf. 1Tm 3,1-13 2Tm 1,6 Tt 1,5-9) qui leur succèderaient dans leur tâche (S. Clément de Rome, Cor. 42,4 44,3). Le collège des évêques, avec qui les prêtres sont unis dans le sacerdoce, rend présent et actualise jusqu'au retour du Christ le collège des douze. L'Eglise se reconnaît liée par ce choix du Seigneur lui-même. C'est pourquoi l'ordination des femmes n'est pas possible (cf. MD 26-27 décl. "Inter insigniores").


n° 1578
(7) Nul n'a un droit à recevoir le sacrement de l'Ordre. En effet, nul ne s'arroge à soi-même cette charge. On y est appelé par Dieu (cf. He 5,4). Celui qui croit reconnaître les signes de l'appel de Dieu au ministère ordonné, doit soumettre humblement son désir à l'autorité de l'Eglise à laquelle revient la responsabilité et le droit d'appeler quelqu'un à recevoir les ordres. Comme toute grâce, ce sacrement ne peut être reçu que comme un don immérité.


n° 1579
(10) Tous les ministres ordonnés de l'Eglise latine, à l'exception des diacres permanents, sont normalement choisis parmi les hommes croyants qui vivent en célibataires et qui ont la volonté de garder le célibat "en vue du Royaume des cieux" (Mt 19,12). Appelés à se consacrer sans partage au Seigneur et à "ses affaires" (cf. 1Co 7,32), ils se donnent tout entier à Dieu et aux hommes. Le célibat est un signe de cette vie nouvelle au service de laquelle le ministre de l'Eglise est consacré; accepté d'un coeur joyeux, il annonce de façon rayonnante le Règne de Dieu (cf. PO 16).

VII Les effets du sacrement de l'Ordre

Le caractère indélébile


n° 1581
(6) Ce sacrement configure au Christ par une grâce spéciale de l'Esprit Saint, en vue de servir d'instrument du Christ pour son Eglise. Par l'ordination l'on est habilité à agir comme représentant du Christ, Tête de l'Eglise, dans sa triple fonction de prêtre, prophète et roi.


n° 1582
(9) Comme dans le cas du Baptême et de la Confirmation, cette participation à la fonction du Christ est accordée une fois pour toutes. Le sacrement de l'Ordre confère, lui aussi, un caractère spirituel indélébile et il ne peut pas être réitéré ni être conféré temporairement (cf. Cc. Trente: DS 1767 LG 21 28 29 PO 2).


n° 1583
(12) Un sujet validement ordonné peut, certes, pour de justes motifs, être déchargé des obligations et des fonctions liées à l'ordination ou être interdit de les exercer (cf.CIC 290-293 1336p1 n.3 et 5 CIC 1338p2), mais il ne peut plus redevenir laïc au sens strict (cf. Cc. Trente: DS 1774) car le caractère imprimé par l'ordination l'est pour toujours. La vocation et la mission reçues au jour de son ordination, le marquent d'une façon permanente.


n° 1584
(15) Puisque en fin de compte c'est le Christ qui agit et opère le salut à travers le ministre ordonné, l'indignité de celui-ci n'empêche pas le Christ d'agir (cf. Cc. Trente: DS 1612 DS 1154). S. Augustin le dit avec force:

La grâce du Saint-Esprit


n° 1585
(22) La grâce du Saint-Esprit propre à ce sacrement est celle d'une configuration au Christ Prêtre, Maître et Pasteur dont l'ordonné est constitué le ministre.


n° 1586
(25) Pour l'évêque, c'est d'abord une grâce de force ("L'Esprit qui fait chefs": Prière de consécration de l'évêque du rite latin): celle de guider et de défendre avec force et prudence son Eglise comme un père et un pasteur, avec un amour gratuit pour tous et une prédilection pour les pauvres, les malades et les nécessiteux (cf. CD 13 et CD 16). Cette grâce le pousse à annoncer l'Evangile à tous, à être le modèle de son troupeau, à le précéder sur le chemin de la sanctification en s'identifiant dans l'Eucharistie avec le Christ Prêtre et Victime, sans craindre de donner sa vie pour ses brebis:

(27) Accorde, Père qui connais les coeurs, à ton serviteur que tu as choisi pour l'épiscopat, qu'il fasse paître ton saint troupeau et qu'il exerce à ton égard le souverain sacerdoce sans reproche, en te servant nuit et jour; qu'il rende sans cesse ton visage propice et qu'il offre les dons de ta sainte Eglise; qu'il ait en vertu de l'esprit du souverain sacerdoce le pouvoir de remettre les péchés suivant ton commandement, qu'il distribue les charges suivant ton ordre et qu'il délie de tout lien en vertu du pouvoir que tu as donné aux apôtres; qu'il te plaise par sa douceur et son coeur pur, en t'offrant un parfum agréable, par ton Enfant Jésus-Christ ... (S. Hippolyte, trad. ap. 3).

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