LE SACREMENT DE CONFESSION


n° 1420
(4) Par les sacrements de l'initiation chrétienne, l'homme reçoit la vie nouvelle du Christ. Or, cette vie, nous la portons "en des vases d'argile" (2Co 4,7). Maintenant, elle est encore "cachée avec le Christ en Dieu" (Col 3,3). Nous sommes encore dans "notre demeure terrestre" (2Co 5,1) soumise à la souffrance, à la maladie et à la mort. Cette vie nouvelle d'enfant de Dieu peut être affaiblie et même perdue par le péché.


n° 1421
(7) Le Seigneur Jésus-Christ, médecin de nos âmes et de nos corps, Lui qui a remis les péchés au paralytique et lui a rendu la santé du corps (cf. Mc 2,1-12), a voulu que son Eglise continue, dans la force de l'Esprit Saint, son oeuvre de guérison et de salut, même auprès de ses propres membres. C'est le but des deux sacrements de guérison: du sacrement de Pénitence et de l'Onction des malades.

Article 4 Le sacrement de Pénitence et de Réconciliation


n° 1422
(4) "Ceux qui s'approchent du sacrement de Pénitence y reçoivent de la miséricorde de Dieu le pardon de l'offense qu'ils lui ont faite et du même coup sont réconciliés avec l'Eglise que leur péché a blessée et qui, par la charité, l'exemple, les prières, travaille à leur conversion" (LG 11).

I Comment est appelé ce sacrement?


n° 1423
(4) Il est appelé sacrement de conversion puisqu'il réalise sacramentellement l'appel de Jésus à la conversion (cf. Mc 1,15), la démarche de revenir au Père (cf. Lc 15,18) dont on s'est éloigné par le péché.

(6) Il est appelé sacrement de Pénitence puisqu'il consacre une démarche personnelle et ecclésiale de conversion, de repentir et de satisfaction du chrétien pécheur.


n° 1424
(9) Il est appelé sacrement de la confession puisque l'aveu, la confession des péchés devant le prêtre est un élément essentiel de ce sacrement. Dans un sens profond ce sacrement est aussi une "confession", reconnaissance et louange de la sainteté de Dieu et de sa miséricorde envers l'homme pécheur.

(11) Il est appelé sacrement du pardon puisque par l'absolution sacramentelle du prêtre, Dieu accorde au pénitent "le pardon et la paix" (OP formule de l'absolution).

II Pourquoi un sacrement de la réconciliation après le Baptême?


n° 1425
(4) "Vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus Christ et par l'Esprit de notre Dieu" (1Co 6,11). Il faut se rendre compte de la grandeur du don de Dieu qui nous est fait dans les sacrements de l'initiation chrétienne pour saisir à quel point le péché est une chose exclue pour celui qui a "revêtu le Christ" (Ga 3,27). Mais l'apôtre saint Jean dit aussi: "Si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous abusons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous" (1Jn 1,8). Et le Seigneur lui-même nous a enseigné de prier: "Pardonne-nous nos offenses" (Lc 11,4) en liant le pardon mutuel de nos offenses au pardon que Dieu accordera à nos péchés.


n° 1426
(7) La conversion au Christ, la nouvelle naissance du Baptême, le don de l'Esprit Saint, le Corps et le Sang du Christ reçus en nourriture, nous ont rendu "saints et immaculés devant lui" (Ep 1,4), comme l'Eglise elle-même, épouse du Christ, est "sainte et immaculée devant lui" (Ep 5,27). Cependant, la vie nouvelle reçue dans l'initiation chrétienne n'a pas supprimé la fragilité et la faiblesse de la nature humaine, ni l'inclination au péché que la tradition appelle la concupiscence , qui demeure dans les baptisés pour qu'ils fassent leurs preuves dans le combat de la vie chrétienne aidés par la grâce du Christ (cf. DS 1515). Ce combat est celui de la conversion en vue de la sainteté et de la vie éternelle à laquelle le Seigneur ne cesse de nous appeler (cf. DS 1545 LG 40).


III La conversion des baptisés


n° 1427
(4) Jésus appelle à la conversion. Cet appel est une partie essentielle de l'annonce du Royaume: "Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche; repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle" (Mc 1,15). Dans la prédication de l'Eglise cet appel s'adresse d'abord à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ et son Evangile. Aussi, le Baptême est-il le lieu principal de la conversion première et fondamentale. C'est par la foi en la Bonne Nouvelle et par le Baptême (cf. Ac 2,38) que l'on renonce au mal et qu'on acquiert le salut, c'est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle.


n° 1428
(7) Or, l'appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens. Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l'Eglise qui "enferme des pécheurs dans son propre sein" et qui "est donc à la fois sainte et appellée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement" (LG 8). Cet effort de conversion n'est pas seulement une oeuvre humaine. Elle est le mouvement du "coeur contrit" (Ps 51,19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6,44 12,32) à répondre à l'amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1Jn 4,10).

IV La pénitence intérieure


n° 1430
(4) Comme déjà chez les prophètes, l'appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d'abord des oeuvres extérieures, "le sac et la cendre", les jeûnes et les mortifications, mais la conversion du coeur, la pénitence intérieure. Sans elle, les oeuvres de pénitence restent stériles et mensongères; par contre, la conversion intérieure pousse à l'expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des oeuvres de pénitence (cf. Jl 2,12-13 Is 1,16-17 Mt 6,1-6 6,16-18).


n° 1431
(7) La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre coeur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l'espérance de la miséricorde divine et la confiance en l'aide de sa grâce. Cette conversion du coeur est accompagnée d'une douleur et d'une tristesse salutaires que les Pères ont appelées "animi cruciatus (affliction de l'esprit)", "compunctio cordis (repentir du coeur)" (cf. Cc. Trente: DS 1677-1678 1705 Catech. R. 2, 5, 4).

V Les multiples formes de la pénitence dans la vie chrétienne


n° 1434
(4) La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. L'Ecriture et les Pères insistent surtout sur trois formes: le jeûne, la prière, l'aumône (cf. Tb 12,8 Mt 6,1-18), qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres. A côté de la purification radicale opérée par le Baptême ou par le martyre, ils citent, comme moyen d'obtenir le pardon des péchés, les efforts accomplis pour se réconcilier avec son prochain, les larmes de pénitence, le souci du salut du prochain (cf. Jc 5,20) l'intercession des saints et la pratique de la charité "qui couvre une multitude de péchés" (1P 4,8).


n° 1435
(7) La conversion se réalise dans la vie quotidienne par des gestes de réconciliation, par le souci des pauvres, l'exercice et la défense de la justice et du droit (cf. Am 5,24 Is 1,17), par l'aveu des fautes aux frères, la correction fraternelle, la révision de vie, l'examen de conscience, la direction spirituelle, l'acceptation des souffrances, l'endurance de la persécution à cause de la justice. Prendre sa croix, chaque jour, et suivre Jésus est le chemin le plus sûr de la pénitence (cf. Lc 9,23).


n° 1436
(10) Eucharistie et Pénitence . La conversion et la pénitence quotidiennes trouvent leur source et leur nourriture dans l'Eucharistie, car en elle est rendu présent le sacrifice du Christ qui nous a réconciliés avec Dieu; par elle sont nourris et fortifiés ceux qui vivent de la vie du Christ; "elle est l'antidote qui nous libère de nos fautes quotidiennes et nous préserve des péchés mortels" (Cc. Trente: DS 1638)

VI Le sacrement de la pénitence et de la réconciliation


n° 1440
(4) Le péché est avant tout offense à Dieu, rupture de la communion avec Lui. Il porte en même temps atteinte à la communion avec l'Eglise. C'est pourquoi la conversion apporte à la fois le pardon de Dieu et la réconciliation avec l'Eglise, ce qu'exprime et réalise liturgiquement le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation (cf. LG 11).

Dieu seul pardonne le péché


n° 1441
(9) Dieu seul pardonne les péchés (cf. Mc 2,7). Parce que Jésus est le Fils de Dieu, il dit de lui-même: "Le Fils de l'homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre" (Mc 2,10) et il exerce ce pouvoir divin: "Tes péchés sont pardonnés!" (Mc 2,5 Lc 7,48). Plus encore: en vertu de sa divine autorité, il donne ce pouvoir aux hommes (cf. Jn 20,21-23) pour qu'ils l'exercent en son nom.


n° 1442
(12) Le Christ a voulu que son Eglise soit tout entière, dans sa prière, sa vie et son agir, le signe et l'instrument du pardon et de la réconciliation qu'Il nous a acquis au prix de son sang. Il a cependant confié l'exercice du pouvoir d'absolution au ministère apostolique. Celui-ci est chargé du "ministère de la réconciliation" (2Co 5,18). L'apôtre est envoyé "au nom du Christ", et "c'est Dieu lui-même" qui, à travers lui, exhorte et supplie: "Laissez vous réconcilier avec Dieu" (2Co 5,20).

Réconciliation avec l'Eglise


n° 1443
(17) Durant sa vie publique, Jésus n'a pas seulement pardonné les péchés, il a aussi manifesté l'effet de ce pardon: il a réintégré les pécheurs pardonnés dans la communauté du peuple de Dieu d'où le péché les avait éloignés ou même exclus. Un signe éclatant en est le fait que Jésus admet les pécheurs à sa table, plus encore, qu'il se met lui-même à leur table, geste qui exprime de façon bouleversante à la fois le pardon de Dieu (cf. Lc 15) et le retour au sein du peuple de Dieu (cf. Lc 19,9).


n° 1444
(20) En donnant part aux apôtres de son propre pouvoir de pardonner les péchés, le Seigneur leur donne aussi l'autorité de réconcilier les pécheurs avec l'Eglise. Cette dimension ecclésiale de leur tâche s'exprime notamment dans la parole solennelle du Christ à Simon Pierre: "Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux" (Mt 16,19). "Cette même charge de lier et de délier qui a été donnée à Pierre a été aussi donnée au collège des apôtres unis à leur chef (Mt 18,18 28,16-20)" (LG 22).

VII Les actes du pénitent


La contrition


n° 1451
(9) Parmi les actes du pénitent, la contrition vient en premier lieu. Elle est "une douleur de l'âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l'avenir" (Cc. Trente: DS 1676).


n° 1452
(12) Quand elle provient de l'amour de Dieu aimé plus que tout, la contrition est appelée "parfaite" (contrition de charité). Une telle contrition remet les fautes vénielles; elle obtient aussi le pardon des péchés mortels, si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle (cf. Cc. Trente: DS 1677)


n° 1454
(18) Il convient de préparer la réception de ce sacrement par un examen de conscience fait à la lumière de la Parole de Dieu. Les textes les plus adaptés à cet effet sont à chercher dans la catéchèse morale des Evangiles et des lettres apostoliques: Sermon sur la montagne, les enseignements apostoliques (cf. Rm 12-15 1Co 12-13 Ga 5 Ep 4-6).

La confession des péchés


n° 1455
(23) La confession des péchés (l'aveu), même d'un point de vue simplement humain, nous libère et facilite notre réconciliation avec les autres. Par l'aveu, l'homme regarde en face les péchés dont il s'est rendu coupable; il en assume la responsabilité et par là, il s'ouvre de nouveau à Dieu et à la communion de l'Eglise afin de rendre possible un nouvel avenir.


n° 1456
(26) L'aveu au prêtre constitue une partie essentielle du sacrement de Pénitence: "Les pénitents doivent, dans la confession, énumérer tous les péchés mortels dont ils ont conscience après s'être examinés sérieusement, même si ces péchés sont très secrets et s'ils ont été commis seulement contre les deux derniers préceptes du Décalogue (cf. Ex 20,17 Mt 5,28), car parfois ces péchés blessent plus grièvement l'âme et sont plus dangereux que ceux qui ont été commis au su de tous" (Cc. Trente: DS 1680):

(28) Lorsque les fidèles du Christ s'efforcent de confesser tous les péchés qui leur viennent à la mémoire, on ne peut pas douter qu'ils les présentent tous au pardon de la miséricorde divine. Ceux qui agissent autrement et qui en cachent sciemment quelques-uns ne proposent à la bonté divine rien qu'elle puisse remettre par l'intermédiaire du prêtre. Car "si le malade rougit de découvrir sa plaie au médecin, la médecine ne soigne pas ce qu'elle ignore" (S. Jérôme, Eccl. 10,11) (Cc. Trente: DS 1680).

VIII Le ministre de ce sacrement


n° 1461
(4) Puisque le Christ a confié à ses apôtres le ministère de la réconciliation (cf. Jn 20,23 2Co 5,18), les évêques, leurs successeurs, et les presbytres, collaborateurs des évêques, continuent à exercer ce ministère. En effet, ce sont les évêques et les presbytres, qui ont, en vertu du sacrement de l'Ordre, le pouvoir de pardonner tous les péchés "au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit".


n° 1462
(7) Le pardon des péchés réconcilie avec Dieu mais aussi avec l'Eglise. L'évêque, chef visible de l'Eglise particulière, est donc considéré à juste titre, depuis les temps anciens, comme celui qui a principalement le pouvoir et le ministère de la réconciliation: il est le modérateur de la discipline pénitentielle (LG 26). Les presbytres, ses collaborateurs, l'exercent dans la mesure où ils en ont reçu la charge soit de leur évêque (ou d'un supérieur religieux) soit du Pape, à travers le droit de l'Eglise (cf. CIC 844 967-969 972 CIO 722 p3-4).


n° 1463
(10) Certains péchés particulièrement graves sont frappés de l'excommunication, la peine ecclésiastique la plus sévère, qui empêche le réception des sacrements et l'exercice de certains actes ecclésiastiques, et dont l'absolution, par conséquent, ne peut être accordée, selon le droit de l'Eglise, que par le Pape, l'évêque du lieu ou à des prêtres autorisés par eux (cf.CIC 1331 1354-1357 CIO 1431 1434 1420). En cas de danger de mort tout prêtre, même dépourvu de la faculté d'entendre les confessions, peut absoudre de tout péché (cf.CIC 976 CIO 725) et de toute excommunication.


n° 1464
(13) Les prêtres doivent encourager les fidèles à accéder au sacrement de la Pénitence et doivent se montrer disponibles à célébrer ce sacrement chaque fois que les chrétiens le demandent de manière raisonnable (cf.CIC 986 CIO 735 PO 13).

IX Les effets de ce sacrement


n° 1468
(4) "Poenitentiæ omnis in eo vis est, ut nos in Dei gratiam restituat, cum eoque summa amicitia coniungat" (Catech. R. 2, 5, 18). Le but et l'effet de ce sacrement sont donc la réconciliation avec Dieu. Chez ceux qui reçoivent le sacrement de Pénitence avec un coeur contrit et dans une disposition religieuse, "il est suivi de la paix et de la tranquillité de la conscience, qu'accompagne une forte consolation spirituelle" (Cc. Trente: DS 1674). En effet, le sacrement de la réconciliation avec Dieu apporte une véritable "résurrection spirituelle", une restitution de la dignité et des biens de la vie des enfants de Dieu dont le plus précieux est l'amitié de Dieu (Lc 15,32).


n° 1469
(7) Ce sacrement nous réconcilie avec l'Eglise. Le péché ébrèche ou brise la communion fraternelle. Le sacrement de Pénitence la répare ou la restaure. En ce sens, il ne guérit pas seulement celui qui est rétabli dans la communion ecclésiale, il a aussi un effet vivifiant sur la vie de l'Eglise qui a souffert du péché d'un de ses membres (cf. 1Co 12,26). Rétabli ou affermi dans la communion des saints, le pécheur est fortifié par l'échange des biens spirituels entre tous les membres vivants du Corps du Christ, qu'ils soient encore dans l'état de pèlerinage ou qu'ils soient déjà dans la patrie céleste (cf. LG 48-50):

(9) Il faut rappeler que la réconciliation avec Dieu a comme conséquence, pour ainsi dire, d'autres réconciliations qui porteront remède à d'autres ruptures produites par le péché: le pénitent pardonné se réconcilie avec lui-même dans la profondeur de son être, où il recupère la propre vérité intérieure; il se réconcilie avec les frères que de quelque manière il a offensé et blessé; il se réconcilie avec l'Eglise; il se réconcilie avec la création toute entière (RP 31).

X Les indulgences


n° 1471
(4) La doctrine et la pratique des indulgences dans l'Eglise sont étroitement liées aux effets du sacrement de Pénitence.

Qu'est-ce que l'indulgence?

(8) "L'indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l'action de l'Eglise, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints".

(10) "L'indulgence est partielle ou plénière, selon qu'elle libère partiellement ou totalement de la peine temporelle due pour le péché". Les indulgences peuvent être appliquées aux vivants ou aux défunts (Paul VI, const. ap. "Indulgentiarum doctrina").


Les peines du péché


n° 1472
(15) Pour comprendre cette doctrine et cette pratique de l'Eglise il faut voir que le péché a une double conséquence . Le péché grave nous prive de la communion avec Dieu, et par là il nous rend incapables de la vie éternelle, dont la privation s'appelle la "peine éternelle" du péché. D'autre part, tout péché, même véniel, entraîne un attachement malsain aux créatures, qui a besoin de purification, soit ici-bas, soit après la mort, dans l'état qu'on appelle Purgatoire. Cette purification libère de ce qu'on appelle la "peine temporelle" du péché. Ces deux peines ne doivent pas être conçues comme une espèce de vengeance, infligée par Dieu de l'extérieur, mais bien comme découlant de la nature même du péché. Une conversion qui procède d'une fervente charité, peut arriver à la totale purification du pécheur, de sorte qu'aucune peine ne subsisterait (cf. Cc. Trente: DS 1712-1713 1820).


n° 1473
(18) Le pardon du péché et la restauration de la communion avec Dieu entraînent la remise des peines éternelles du péché. Mais des peines temporelles du péché demeurent. Le chrétien doit s'efforcer, en supportant patiemment les souffrances et les épreuves de toutes sortes et, le jour venu, en faisant sereinement face à la mort, d'accepter comme une grâce ces peines temporelles du péché; il doit s'appliquer, par les oeuvres de miséricorde et de charité, ainsi que par la prière et les différentes pratiques de la pénitence, à se dépouiller complètement du "vieil homme" et à revêtir "l'homme nouveau" (cf. Ep 4,24).

XI La célébration du sacrement de pénitence
n° 1482
(10) Le sacrement de la Pénitence peut aussi avoir lieu dans le cadre d'une célébration communautaire , dans laquelle on se prépare ensemble à la confession et on rend grâce ensemble pour le pardon reçu. Ici, la confession personnelle des péchés et l'absolution individuelle sont insérées dans une liturgie de la Parole de Dieu, avec lectures et homélie, examen de conscience mené en commun, demande communautaire du pardon, prière du "Notre Père" et action de grâce en commun. Cette célébration communautaire exprime plus clairement le caractère ecclésial de la pénitence. Quelle que soit cependant la manière de sa célébration, le sacrement de Pénitence est toujours, d'après sa nature même, une action liturgique, donc ecclésiale et publique (cf. SC 26-27).

n° 1483
(13) En des cas de nécessité grave on peut recourir à la célébration communautaire de la réconciliation avec confession générale et absolution générale . Une telle nécessité grave peut se présenter lorsqu'il y a un danger imminent de mort sans que le ou les prêtres aient le temps suffisant pour entendre la confession de chaque pénitent. La necéssité grave peut exister aussi lorsque, compte tenu du nombre des pénitents, il n'y a pas assez de confesseurs pour entendre dûment les confessions individuelles dans un temps raisonnable, de sorte que les pénitents, sans faute de leur part, se verraient privés pendant longtemps de la grâce sacramentelle ou de la sainte communion. Dans ce cas les fidèles doivent avoir, pour la validité de l'abbsolution, le propos de confesser individuellement leurs péchés en temps voulu (cf.CIC 962p1). C'est à l'Evêque diocésain de juger si les conditions requises pour l'absolution générale existent (cf.CIC 961p2). Un grand concours de fidèles à l'occasion de grandes fêtes ou de pèlerinages ne constitue pas un cas d'une telle grave nécessité (cf.CIC 961p1)

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