L'ONCTION DES MALADES

n° 1499
(4) "Par l'Onction sacrée des malades et la prière des prêtres, c'est l'Eglise toute entière qui recommande les malades au Seigneur souffrant et glorifié, pour qu'il les soulage et les sauve; bien mieux, elle les exhorte, en s'associant librement à la passion et à la mort du Christ à apporter leur part pour le bien du peuple de Dieu" (LG 11).


I Ses fondements dans l'Economie du Salut

La maladie dans la vie humaine


n° 1500
(6) La maladie et la souffrance ont toujours été parmi les problèmes les plus graves qui éprouvent la vie humaine. Dans la maladie, l'homme fait l'expérience de son impuissance, de ses limites et de sa finitude. Toute maladie peut nous faire entrevoir la mort.


n° 1501
(9) La maladie peut conduire à l'angoisse, au repliement sur soi, parfois même au désespoir et à la révolte contre Dieu. Elle peut aussi rendre la personne plus mûre, l'aider à discerner dans sa vie ce qui n'est pas essentiel pour se tourner vers ce qui l'est. Très souvent, la maladie provoque une recherche de Dieu, un retour à Lui.

Le malade devant Dieu


n° 1502
(14) L'homme de l'Ancien Testament vit la maladie en face de Dieu. C'est devant Dieu qu'il déverse sa plainte sur sa maladie (cf. Ps 38) et c'est de Lui, le Maître de la vie et de la mort, qu'il implore la guérison (cf. Ps 6,3 Is 38). La maladie devient chemin de conversion (cf. Ps 38,5 39,9 39,12) et le pardon de Dieu inaugure la guérison (cf. Ps 32,5 107,20 Mc 2,5-12). Israël fait l'expérience que la maladie est, d'une façon mystérieuse, liée au péché et au mal, et que la fidélité à Dieu, selon sa Loi, rend la vie: "car c'est moi, le Seigneur, qui suis ton médecin" (Ex 15,26). Le prophète entrevoit que la souffrance peut aussi avoir un sens rédempteur pour les péchés des autres (cf. Is 53,11). Enfin, Isaïe annonce que Dieu amènera un temps pour Sion où il pardonnera toute faute et guérira toute maladie (cf. Is 33,24).

Le Christ - médecin


n° 1503
(19) La compassion du Christ envers les malades et ses nombreuses guérisons d'infirmes de toute sorte (cf. Mt 4,24) sont un signe éclatant de ce "que Dieu a visité son peuple" (Lc 7,16) et que le Royaume de Dieu est tout proche. Jésus n'a pas seulement pouvoir de guérir, mais aussi de pardonner les péchés (cf. Mc 2,5-12): il est venu guérir l'homme tout entier, âme et corps; il est le médecin dont les malades ont besoin (cf. Mc 2,17). Sa compassion envers tous ceux qui souffrent va si loin qu'il s'identifie avec eux: "J'ai été malade et vous m'avez visité" (Mt 25,36). Son amour de prédilection pour les infirmes n'a cessé, tout au long des siècles, d'éveiller l'attention toute particulière des chrétiens envers tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme. Elle est à l'origine des efforts inlassables pour les soulager.


n° 1504
(22) Souvent Jésus demande aux malades de croire (cf. Mc 5,34 5,36 9,23). Il se sert de signes pour guérir: salive et imposition des mains (cf. Mc 7,32-36 8,22-25), boue et ablution (cf. Jn 9,6 s). Les malades cherchent à le toucher (cf. Mc 1,41 3,10 6,56) "car une force sortait de lui qui les guérissait tous" (Lc 6,19). Ainsi, dans les sacrements, le Christ continue à nous "toucher" pour nous guérir.


n° 1505
(25) Emu par tant de souffrances, le Christ non seulement se laisse toucher par les malades, mais il fait siennes leurs misères: "Il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies" (Mt 8,17 cf. Is 53,4). Il n'a pas guéri tous les malades. Ses guérisons étaient des signes de la venue du Royaume de Dieu. Ils annonçaient une guérison plus radicale: la victoire sur le péché et la mort par sa Pâque. Sur la Croix, le Christ a pris sur lui tout le poids du mal (cf. Is 53,4-6) et a enlevé le "péché du monde" (Jn 1,29), dont la maladie n'est qu'une conséquence. Par sa passion et sa mort sur la Croix, le Christ a donné un sens nouveau à la souffrance: elle peut désormais nous configurer à lui et nous unir à sa passion rédemptrice.

"Guérissez les malades..."


n° 1506
(30) Le Christ invite ses disciples à le suivre en prenant à leur tour leur croix (cf. Mt 10,38). En le suivant, ils acquièrent un nouveau regard sur la maladie et sur les malades. Jésus les associe à sa vie pauvre et servante. Il les fait participer à son ministère de compassion et de guérison: "Ils s'en allèrent prêcher qu'on se repentît; et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades et les guérissaient" (Mc 6,12-13).


n° 1507
(33) Le Seigneur ressuscité renouvelle cet envoi ("Par mon nom ... ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris": Mc 16,17-18) et le confirme par les signes que l'Eglise accomplit en invoquant son nom (cf. Ac 9,34 14,3). Ces signes manifestent d'une manière spéciale que Jésus est vraiment "Dieu qui sauve" (cf. Mt 1,21 Ac 4,12).


n° 1509
(39) "Guérissez les malades!" (Mt 10,8). Cette charge, l'Eglise l'a reçue du Seigneur et tâche de la réaliser autant par les soins qu'elle apporte aux malades que par la prière d'intercession avec laquelle elle les accompagne. Elle croit en la présence vivifiante du Christ, médecin des âmes et des corps. Cette présence est particulièrement agissante à travers les sacrements, et de manière toute spéciale par l'Eucharistie, pain qui donne la vie éternelle (cf. Jn 6,54 6,58) et dont S. Paul insinue le lien avec la santé corporelle (cf. 1Co 11,30).


n° 1510
(42) L'Eglise apostolique connaît cependant un rite propre en faveur des malades, attesté par S. Jacques: "Quelqu'un parmi vous est malade? Qu'il appelle les presbytres de l'Eglise et qu'ils prient sur lui, après l'avoir oint d'huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient, et le Seigneur le relèvera. S'il a commis des péchés, ils lui seront remis" (Jc 5,14-15). La Tradition a reconnu dans ce rite un des septs Sacrements de l'Eglise (cf. DS 216 1324-1325 1695-1696 1716-1717).

II Qui reçoit et qui administre ce sacrement?

En cas de maladie grave ...


n° 1514
(6) L'Onction des malades "n'est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. Aussi, le temps opportun pour la recevoir est-il certainement déja arrivé lorsque le fidèle commence à être en danger de mort à cause de la maladie par suite d'affaiblissement physique ou de vieillesse" (SC 73 cf.CIC 1004p1 CIC 1005 1007 CIO 738).


n° 1515
(9) Si un malade qui a reçu l'Onction recouvre la santé, il peut, en cas de nouvelle maladie grave, recevoir de nouveau ce sacrement. Au cours de la même maladie, ce sacrement peut être réitéré si la maladie s'aggrave. Il est approprié de recevoir l'Onction des malades au seuil d'une opération importante. Il en va de même pour les personnes âgées dont la fragilité s'accentue.

"...qu'il appelle les presbytres de l'Eglise"


n° 1516
(14) Seuls les prêtres (évêques et presbytres) sont les ministres de l'Onction des malades (cf. Cc. Trente: DS 1697 1719 CIC 1003 CIO 739p1). C'est le devoir des pasteurs d'instruire les fidèles des bienfaits de ce sacrement. Que les fidèles encouragent les malades à faire appel au prêtre pour recevoir ce sacrement. Que les malades se préparent pour le recevoir dans les bonnes dispositions, avec l'aide de leur pasteur et de toute la communauté ecclésiale qui est invitée à entourer tout spécialement les malades de ses prières et de ses attentions fraternelles.

III Comment est célébré ce sacrement?


n° 1517
(4) Comme tous les sacrements, l'Onction des malades est une célébration liturgique et communautaire ( cf. SC 27), qu'elle ait lieu en famille, à l'hôpital ou à l'Eglise, pour un seul malade ou pour tout un groupe d'infirmes. Il est très convenable qu'elle soit célébrée au sein de l'Eucharistie, mémorial de la Pâque du Seigneur. Si les circonstances y invitent, la célébration du sacrement peut être précédée du sacrement de Pénitence et suivie du sacrement de l'Eucharistie. En tant que sacrement de la Pâque du Christ, l'Eucharistie devrait toujours être le dernier sacrement de la pérégrination terrestre, le "viatique" pour le "passage" vers la vie éternelle.


n° 1518
(7) Parole et sacrement forment un tout inséparable. La Liturgie de la Parole, précédée d'un acte de pénitence, ouvre la célébration. Les paroles du Christ, le témoignage des Apôtres éveillent la foi du malade et de la communauté pour demander au Seigneur la force de son Esprit.

IV Les effets de la célébration de ce sacrement


n° 1520
(4) Un don particulier de l'Esprit Saint. La grâce première de ce sacrement est une grâce de réconfort, de paix et de courage pour vaincre les difficultés propres à l'état de maladie grave ou à la fragilité de la vieillesse. Cette grâce est un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance et la foi en Dieu et fortifie contre les tentations du malin, tentation de découragement et d'angoisse de la mort (cf. He 2,15). Cette assistance du Seigneur par la force de son Esprit veut conduire le malade à la guérison de l'âme, mais aussi à celle du corps, si telle est la volonté de Dieu (cf. Cc. Florence: DS 1325). En outre, "s'il a commis des péchés, ils lui seront remis" (Jc 5,15 cf. Cc. Trente: DS 1717).


n° 1521
(7) L'union à la Passion du Christ. Par la grâce de ce sacrement, le malade reçoit la force et le don de s'unir plus intimement à la Passion du Christ: il est d'une certaine façon consacré pour porter du fruit par la configuration à la Passion rédemptrice du Sauveur. La souffrance, séquelle du péché originel, reçoit un sens nouveau: elle devient participation à l'oeuvre salvifique de Jésus.


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