Bangkok, 13 juin 2011

Nyob zoo ib tsoom phooj ywg,


Hnub no yog thawj zaug kuv mus xyuas cov Hmoob raug txim hauv nkuaj nyob Bangkok. Cov neeg ua hauj lwm hauv koom haum Haut Commissariat pour les Réfugiés HCR hu kuv mus txhais lus Hmoob rau lawv. Cov neeg no yoag 6 leej Allemands thiab ib tug pog Canadienne. Mus ua ntaub ntawv 1 teev thiab zov 1 teev tos ua ntej qhib rooj vag (Xov ntxaij hlau li cooj qaib). Ua rau yus thiaj pom tias cov muaj hwj huam thiab cov raug quab yuam. Ua rau npaum nkaus tej lus ploj tag 5 fiab nrhiav tsis tau ib los lus hais. Ua rau kuv tseem nco xyoo 1975, yus niam yus txiv nyob hauv yeej tawg rog Soptuang. Lub nkuaj xov ob txheej ntxhaij hlau nrug 1 mtuaj nruab nrab. Cov neeg raug txim nyias hnav nyias lub tsho daj ntaus ib tug numéro, zoo siab tas nrho pom peb…Cov raug txim sib huas ntias tuaj khawm phab ntsa cug pob ntseg. 5 fiab, tub ceev xwm taug kab los mloog sawv daws tham lus qog qees. Muaj ntau xeem neeg hais ntau xeem lus plis plos, yuav tsum hais ob peb lwm lo qub lus thiaj sib mloog tau. Muaj 3 yig Hmoob Yaj, 1 yig Hmoob Lauj. Lawm khiav Cob Tsib teb ntawm ob peb lub zos nyiag tuaj poob rau Thaib. Koom Tshaj kev cai hiam lawv thiaj xuas kev khiav, lawv yog cov Protestants : « Vietnam Good News Mission Church ».

Thaum lawv hnov kuv lub suab hais lus Hmoob ua rau lawv kua muag teev yees. Lawv twb tuaj raug txim tau 5 lub hlis lawm, tsis muaj leej twg nrog tau lawv txuas lus. Lawv tsuas txawj lus Hmoob thiab lo puav lus Cob Tsib xwb. Txiv neej kaw ib nkuag, poj niam me nyuam kaw ib nkuag, kaw ntau xeev neeg ua ke. Lawv cov me nyuam mob kev txhab liab vog puv cev. Kuv hais kom lawv mus cuag kws tshuaj hauv yeej. Lawv teb tias yog peb yeem rov qab mus qub vaj qub tsev ces kws tshuaj kam kho, yog peb yuav nyob tuaj txog lawm, no ces lawv puam chawj peb mob qhov twg los xij peem peb tsis pub ib lub tshuaj li. Cov HCR yuav tau mis, txiv ntoo, dej haus, qab zib rau cov me nyuam…Cov poj niam piav tias thaum lawv rov mus txog chaw, lwm cov neeg raug txim los tshawb lawv tej hnab, txhav ib co noj lawm. Lawv yuav coj mus faib kom txhua rau lawv cov. Sawv daws mas tshaib tshaib plab. Ib hnub, luag muab 3 phaj mov rau ib yig 7 leej me nyuam noj. Lawv tshaib dej thiab tshaib plab. Cov Hmoob no txom nyem kawg nkaus. Cov lus kawg lawv hais rau kuv :
-Tsis txhob tso lawv pov tseg.
-Txhob xa lawv rov qab, lawv kawg raug tua tuag.
-Thov ib lub teb chaws txais lawv.

Zam Thaiv Yaj, qhia ntawv Fab Kis nyob Bangkok, yog tus piav zaj lus no rau sawv daws mloog.



Chers tous,

Aujourd’hui, c’est la première fois, j’ai visité quatre familles Hmong en prison à l’immigration de Bangkok. J’ai été contacté par le HCR pour aller traduire et parler un peu le Hmong avec eux. Le groupe HCR est composé de six allemands et une canadienne (aucun français). Une heure pour les formalités et une heure d’attente avant de voir les grillages (comme un poulailler). On voit ceux qui ont le pouvoir et ceux qui sont à leur merci.  Pendant cinq minutes, je n’arrivais pas à trouver les mots. Cela me rappelait en 1975, quand les parents étaient dans cette situation à SOPTUANG (Camp réfugié). Deux grands grillages séparent les détenus et les visiteurs d’environ un mètre. Ils arrivent devant la grille avec les même T-shirt orange portant un numéro. L’air très content de nous voir avec des signes de remerciement.  C’est dans une grande salle, tout le monde se colle au grillage pour se faire entendre. Tous les cinq minutes un gardien passe entre les grilles pour entendre nos conversations. Il y a toutes les langues qui parlent en même temps devant cette grille et souvent il faut répéter plusieurs fois pour se faire bien comprendre... Il y a quatre familles : 3 Hmong Yaj et 1 Hmong Lauj. Ils viennent des villages différents du Vietnam et sont entrés clandestinement en Thaïlande.  Ils ont été persécutes par les communistes à cause de leur religion « Vietnam Good News Mission Church ».

Lorsqu’ils ont entendu ma voix en Hmong, ils avaient les larmes aux yeux. Cela fait cinq mois qu’ils sont enfermés à l’immigration et ils n’arrivaient pas à se faire comprendre avec personne. Ils ne parlent que le Hmong et un très peu le vietnamien. Les hommes sont enfermés dans une pièce, les femmes et les enfants dans une autre. Plusieurs nationalités sont enfermés ensembles. Ils m’ont présenté les enfants qui ont des boutons partout. Je leur ai dit qu’il faut voir le médecin de la prison. Ils m’ont répondu que si on décide de retourner au Vietnam le médecin veut bien nous soigner mais si on persiste à rester en Thaïlande, il ne veut pas nous donner de médicaments. Aussi, le groupe HCR a acheté du lait, des fruits frais, de l’eau, des bonbons pour les enfants, … les femmes Hmong me disent que lorsqu’elles les emmènent dans la salle, les autres détenues viennent fouiller dans leurs sacs et prennent une partie. Elles disent que c’est sûrement pour tout le monde et pas seulement pour eux. La nourriture est insuffisant. On leur donne que trois assiettes de riz par jour pour la famille de 7 enfants. Il leur faut de l’eau potable et de la nourriture. La vie de ces pauvres Hmong est terrible. Les messages qu’ils m’ont transmis sont les suivants :
-          Ne pas les oublier
-          Ne pas les renvoyer au Vietnam car ils vont se faire tuer là-bas
-          Les aider à trouver un pays d’accueil

Ils ont écrit plusieurs lettres en Hmong aux HCR et elles ont été traduites en anglais par mon cousin du Canada.  Le groupe HCR ne visite pas que les Hmong, ils voient d’autres nationalités aussi. Ils voient les Hmong qu’une fois toutes les 4 ou 5 semaines. Si je veux continuer à voir les Hmong, il faut que j’ai une autorisation de l’ Ambassade de France. Aujourd’hui j’ai été avec le groupe HCR sous l’autorisation de l’Ambassade d’Allemagne.

Chaque visiteur porte le numéro du détenu qu’il veut parler. Les autorités laissent sortir que les numéros réservés. Si vous demandez une maman, les enfants peuvent l’accompagner. Nous étions 8, donc nous avons demandé les maris et les femmes. Ce qui fait que toutes les familles étaient réunies pendant une heure avec nous. Les papas étaient contents de pouvoir porter leurs enfants dans les bras.

L’alarme se déclenche, les visites sont terminées ; Il faut quitter rapidement le lieu. Je leur ai dit de garder confiance. Ce sera long comme démarche, mais que les Hmong qui sont en France et ailleurs feront tout leur possible pour les aider et les sortir de là. Je les regarde s’éloigner dans leurs cellules. Les femmes en pleure et les yeux des hommes remplis de tristesse.  Avec le cœur lourd et impuissant devant ces énormes grilles, je lève ma main juste pour leur dire au revoir. Ce fut une expérience douloureuse et difficile pour moi.

Nos parents sont passés par là pour nous et je compte sur vous tous pour voir comment nous pourrions les aider ensemble et au mieux possible. Merci.

Bien à vous,

Thomas

PS : Peut-être que les Hmong de Guyane peuvent relancer leur projet d’accueillir les Hmong réfugiés de Thaïlande. Cette fois il n’y a que 4 familles, le projet est moins ambitieux que celui il y a trois ans. Ça peut passer facilement

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